L’OMS demande instamment que l’on augmente les investissements pour éliminer la tuberculose

Même si la Région de l’OMS pour le Pacifique occidental est en bonne voie d’atteindre le sixième objectif du Millénaire pour le développement qui prévoit d’enrayer la propagation de la tuberculose et d’inverser la tendance concernant la maladie d’ici à 2015, le Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour le Pacifique occidental a prié instamment les États Membres d’envisager des mesures et des investissements courageux pour progresser vers l’élimination de toutes les formes de tuberculose.

« La charge de la tuberculose demeure très élevée dans notre Région et cela est inacceptable », a déclaré le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Nous avons besoin d’engagements politiques, d’actions et d’investissements audacieux pour continuer à progresser. »

La tuberculose est une maladie bactérienne infectieuse causée par le bacille Mycobacterium tuberculosis qui s’attaque le plus souvent aux poumons. Le bacille est transmis de personne à personne lors de l’expectoration de gouttelettes de sécrétions orotrachéo-bronchiques (transmission par voie aérienne) par des personnes atteintes de tuberculose pulmonaire évolutive. La tuberculose tend à se concentrer dans les groupes de population les plus vulnérables comme les migrants, les personnes âgées et les pauvres.

Sur les 22 pays qui supportent une lourde charge de tuberculose et enregistrent plus de 80 % du total des cas dans le monde, quatre sont situés dans la Région du Pacifique occidental : le Cambodge, la Chine, les Philippines et le Viet Nam. Ces quatre pays enregistrent 93 % du total des cas dans la Région. Des améliorations notables ont été réalisées ces 20 dernières années : le nombre des décès par tuberculose a baissé de manière significative dans la Région entre 1990 et 2011, de même que le nombre de personnes contractant la maladie.

Le traitement de brève durée sous surveillance directe (DOTS) – stratégie de lutte antituberculeuse lancée par l’OMS en 1995 – a été une réussite et s’est révélé d’un bon rapport coût/efficacité. Cette stratégie thérapeutique a été appliquée dans tous les pays de la Région jusqu’en 2005. Elle a permis d’atteindre les cibles intermédiaires de lutte antituberculeuse, à savoir la détection de 70 % des cas, la guérison de 85 % des cas et l’accès au traitement DOTS pour 100 % de la population.

En outre, les enquêtes de prévalence de la tuberculose, réalisées avec l’appui de l’OMS, ont permis d’obtenir des estimations plus précises et ont mis en lumière l’impact important des programmes nationaux de lutte antituberculeuse mais aussi l’ampleur de la charge de tuberculose qui demeure.

Il reste d’importants défis à relever. Ainsi, chaque année dans la Région, on diagnostique 1,4 million de nouveaux cas de tuberculose et 130 000 personnes meurent de cette maladie dont on peut guérir.

Par ailleurs, l’incidence de la tuberculose pharmacorésistante augmente dans la Région et l’on estime à 78 000 le nombre de nouveaux cas de tuberculose multirésistante chaque année. On constate également que de plus en plus de patients sont atteints de tuberculose ultrarésistante. L’épidémie de tuberculose multirésistante se propage et soulève des problèmes financiers et techniques majeurs. Une analyse de l’OMS montre que les patients atteints de tuberculose multirésistante sont pour la plupart des personnes chez lesquelles la tuberculose vient d’être diagnostiquée ; ces personnes ont donc été infectées par des souches résistantes du bacille et n’ont pas développé de résistance en cours de traitement.

La tuberculose multirésistante est une forme de tuberculose qui ne réagit pas au minimum à l’isoniazide et à la rifampicine, les deux antituberculeux les plus puissants. La cause première de la tuberculose multirésistante est un traitement antituberculeux insuffisant. La plupart des tuberculeux sont guéris à l’issue d’un schéma thérapeutique de six mois, suivi de façon stricte, pour lequel ils bénéficient d’une aide et d’une supervision. L’usage inadapté ou irrationnel des antimicrobiens ou l’utilisation de formulations inefficaces peut générer une pharmacorésistance. Une réglementation stricte et correctement appliquée qui vise à garantir un traitement antituberculeux acceptable et efficace peut contribuer à lutter contre la tuberculose multirésistante.

Pour résoudre les nombreux problèmes que pose la tuberculose, la Stratégie régionale Halte à la tuberculose dans le Pacifique occidental (2011–2015) a été élaborée en consultation avec les États Membres et le groupe consultatif technique de l’OMS Halte à la tuberculose. L’objectif de cette stratégie est de réduire de moitié d’ici à 2015 la prévalence de toutes les formes de tuberculose et le nombre de décès qui en découlent, par rapport au niveau de l’année 2000 dans tous les pays supportant une lourde charge de tuberculose, en progressant vers l’accès universel au diagnostic et au traitement de toutes les formes de tuberculose, notamment la forme pulmonaire à frottis négatif et les formes multirésistantes ou ultrarésistantes. Cette stratégie constitue une référence pour les mesures à prendre, suivant les cinq principaux objectifs :

  • promouvoir un accès universel et équitable à un diagnostic et à un traitement de la tuberculose de qualité ;
  • renforcer les capacités des laboratoires de la tuberculose ;
  • étendre la gestion des programmes de lutte contre la tuberculose pharmacorésistante ;
  • déployer plus largement les activités de collaboration dans la lutte contre la co infection tuberculose/VIH ;
  • renforcer les capacités de gestion des programmes de lutte antituberculeuse.

Tous les pays supportant une lourde charge de tuberculose ont aligné leurs plans stratégiques nationaux sur la stratégie régionale et ils progressent bien vers leurs cibles. L’OMS a appuyé ce processus et a fourni un appui technique, en s’attachant plus particulièrement à la tuberculose multirésistante, à la surveillance, au renforcement des laboratoires, aux nouveaux outils et aux nouvelles stratégies s’adressant aux groupes vulnérables et enfin à la co infection tuberculose/VIH. L’OMS a organisé plusieurs sessions de formation des formateurs dans différents domaines pour renforcer les capacités nationales et être moins dépendante des consultants internationaux. En consultation avec les pays, l’OMS a entrepris l’établissement d’un document d’aide sur la lutte antituberculeuse au sein des populations migrantes.

Pour toute information complémentaire ou demande d’entretien, veuillez contacter :

M. Ruel E. Serrano
Assistant, Public Information Office
Téléphone : +632 528 8001
Adresse électronique : serranor@wpro.who.int

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