L’OMS renouvelle son appel à réduire la charge des troubles mentaux dans la Région

La santé mentale est un problème toujours plus urgent dans la Région du Pacifique occidental et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pousse les États Membres à agir moyennant des politiques rigoureuses de santé mentale.

« Dans la Région du Pacifique occidental, près de 100 millions de personnes souffrent de troubles mentaux plus ou moins graves », explique le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Les seuls troubles dépressifs représentent 5,73 % de la charge globale de morbidité dans la Région. »

Le Dr Shin s’adressait au Comité régional du Pacifique occidental, qui tient sa soixante quatrième session à Manille (Philippines) du 21 au 25 octobre.

L’OMS engage les pays de la Région à adopter un plan d’action global en santé mentale pour la période 2013-2020. Ce plan présente des stratégies de leadership pour l’élaboration de politiques et la planification en matière de santé mentale.

« Une grande partie de cette charge de morbidité touche les pays à revenu faible ou intermédiaire », constate le Dr Shin. « Entre 76 % et 85 % des personnes souffrant de troubles mentaux graves dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ne bénéficient d’aucun traitement approprié. » Des études ont fait apparaître un lien étroit entre les déterminants de la pauvreté, un faible niveau d’instruction, par exemple, et une augmentation du risque de trouble mental.

Par ailleurs, l’Asie et le Pacifique sont en pleine transition démographique du fait du vieillissement des populations. Ce phénomène devrait entraîner une augmentation de l’incidence de la démence et de la maladie d’Alzheimer. Chaque année, près de 7,7 millions de nouveaux cas de démence sont enregistrés dans le monde. Les sociétés interprètent souvent les symptômes de la démence comme un signe « normal » du vieillissement plutôt que comme une maladie mentale nécessitant un traitement.

L’OMS demande la mise en place de politiques qui soient non seulement axées sur les troubles mentaux mais qui abordent plus largement les problèmes de santé mentale comme la dépression simple. Même si les responsables politiques tendent à traiter en priorité les troubles mentaux, considérer ces problèmes sous un angle plus large peut avoir pour effet de prévenir le développement de troubles sévères. Dans ce sens, il est indispensable d’adopter une approche large qui englobe la protection des droits de l’individu et fait évoluer les préjugés dans la communauté.

L’OMS fait des recommandations spécifiques pour améliorer la santé mentale, notamment :

  • early childhood interventions;
  • intervenir dès la petite enfance ;
  • aider les enfants ;
  • social support for elderly populations;
  • rendre les femmes autonomes sur le plan socio-économique ; apporter un soutien social aux personnes âgées dans la société ;
  • mettre en place des programmes ciblant les groupes vulnérables, en particulier les minorités, les peuples autochtones, les migrants et les personnes touchées par des conflits ou des catastrophes ;
  • mener des campagnes de promotion de la santé mentale dans les écoles ;
  • intervenir en santé mentale dans les milieux professionnels ; mettre en place des politiques de logement ;
  • mettre en place des programmes de prévention de la violence ; et
  • mettre en place des programmes communautaires de développement.

Ces interventions peuvent se faire par des visites à domicile aux femmes enceintes, par la préparation de repas pour les personnes âgées dans la communauté ou dans des centres d’accueil de jour ou par des services de conseil aux survivants de catastrophes et aux victimes de violences.

« Il reste des obstacles à surmonter pour bien mettre en œuvre les programmes de santé mentale », commente le Dr Shin. « Il est donc indispensable de motiver les professionnels de santé et de leur donner les moyens d’assurer les services de santé mentale dont on a tant besoin. » Pour aider les professionnels et les services de santé, l’OMS a déjà publié un programme d’action intitulé « Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP 2010) » qui propose des modules consacrés à des affections comme les troubles bipolaires, la démence et l’automutilation et/ou le suicide.

Le Plan d’action global de l’OMS pour la santé mentale 2013–2020 et les initiatives régionales rendront les services de santé mieux à même de faire face aux problèmes de santé mentale dans les États Membres de la Région.

Pour toute information complémentaire ou demande d’entretien, veuillez contacter :

M. Ruel E. Serrano
Assistant, Public Information Office
Téléphone : +632 528 8001
Adresse électronique : serranor@wpro.who.int

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