Selon l’OMS, la pharmacorésistance du paludisme est très préoccupante

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti que l’émergence de cas de paludisme pharmacorésistant dans la sous-région du Grand Mékong était particulièrement inquiétante pour la lutte antipaludique et les mesures d’élimination et qu’il fallait agir d’urgence.

La résistance à l’artémisinine, substance active médicamenteuse des traitements antipaludiques de première intention, a été confirmée pour la première fois en 2008 à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande et vient d’être détectée également au Myanmar et au Viet Nam.

« L’émergence de la résistance à l’artémisinine pourrait bien réduire à néant les progrès considérables réalisés en vue d’éliminer le paludisme – et faire peser une grave menace sur la santé mondiale », a déclaré le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Les principaux partenaires du développement soutiennent résolument nos actions. Toutefois, nous sommes toujours confrontés à un déficit de financement d’au moins US $450 millions pour les trois prochaines années. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme s’est engagé à verser US $100 millions et une proposition régionale vient juste d’être présentée. »

Les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) sont utilisées dans la plupart des pays d’endémie comme traitement de première intention du paludisme simple dû à Plasmodium falsiparum et sont en partie à l’origine des succès remarquables obtenus récemment en matière de réduction de la charge du paludisme dans le monde.

« Nous prenons la situation très au sérieux », a expliqué le Dr Shin. « Si la résistance à l’artémisinine se développait ailleurs, les conséquences pour la santé mondiale pourraient être graves. »

Le paludisme est endémique dans 10 des 37 États et Territoires de la Région du Pacifique occidental – au Cambodge, en Chine, dans les Îles Salomon, en Malaisie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Philippines, en République de Corée, en République démocratique populaire lao, au Vanuatu et au Viet Nam.

L’OMS et ses principaux partenaires du développement ont réalisé une estimation de l’action menée face à la résistance à l’artémisinine dans la sous-région du Grand Mékong en 2011-2012. Le rapport de conclusion a servi de base au cadre régional d’action d’urgence face à la résistance à l’artémisinine dans la sous-région du Grand Mékong pour la période 2013-2015, qui a été lancé à l’occasion de la Journée mondiale du paludisme 2013. Il s’agit d’un programme ambitieux conçu pour apporter aux six États et Territoires de la sous-région une orientation stratégique en vue de lutter contre ce phénomène de résistance et d’en venir à bout. Ce cadre d’action comporte plusieurs volets et sera appliqué au-delà des frontières.

Le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental est actuellement réuni à Manille et encourage vivement les États Membres à tirer parti de cet engagement politique sans précédent et à mettre en œuvre avec détermination les mesures d’urgence, qui comprennent notamment la création à Phnom Penh (Cambodge) d’un centre OMS régional chargé d’appuyer et de coordonner les opérations d’endiguement. Ce centre bénéficie du soutien financier de la Fondation Bill & Melinda Gates et de l’Agence australienne pour le développement international (AusAID).

Le Dr Shin explique : « Avec ce cadre d’action et le centre d’opérations, nous avons désormais les moyens d’apporter aux pays de la sous-région du Grand Mékong l’appui dont ils ont besoin pour lutter contre la résistance à l’artémisinine. Il s’agit d’endiguer le phénomène de résistance pour finalement éliminer le paludisme de la Région ».

La résistance à l’artémisinine est une bonne illustration du caractère multisectoriel d’une urgence de santé publique, qui touche les groupes de personnes vivant dans les zones frontalières reculées et les populations mobiles et migrantes. « Les services de santé ne peuvent pas à eux seuls résoudre ce problème », explique le Dr Shin. « Des secteurs autres que celui de la santé doivent participer à cette action, en collaborant au-delà des frontières si nécessaire. »

Dans ce contexte, les Bureaux régionaux de l’OMS pour l’Asie du Sud-Est et pour le Pacifique occidental ont organisé à Bangkok (Thaïlande) une réunion birégionale de haut niveau sur le thème de la santé dans les zones frontalières de la sous-région du Grand Mékong.

Les participants à cette réunion ont analysé les différents aspects complexes de ce problème multisectoriel, en particulier les lacunes des systèmes de santé, les inégalités dont sont victimes les groupes les plus vulnérables des zones frontalières en ce qui concerne l’accès aux soins de santé, les répercussions des projets de développement sur la santé et la nécessité de consolider les activités des autres secteurs concernés, à savoir le commerce, le travail, l’immigration et l’agriculture.

Pour toute information complémentaire ou demande d’entretien, veuillez contacter :

M. Ruel E. Serrano
Assistant, Public Information Office
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