Intensifier les mesures de prévention et le traitement du VIH et des IST dans le Pacifique occidental

Alors que le nombre de nouvelles infections à VIH est désormais stable dans la Région du Pacifique occidental, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en garde contre toute forme de relâchement. Le Comité régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, actuellement réuni à Manille, invite instamment les États Membres à poursuivre l’extension des thérapies antirétrovirales et à renforcer la surveillance des infections sexuellement transmissibles (IST).

« Avec l’introduction des antirétroviraux, l’infection à VIH est devenue une maladie chronique », déclare le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Il est donc impératif d’aborder le problème non plus comme une maladie infectieuse mais comme une maladie chronique. Le VIH doit être pris en compte dans la planification pour le financement de la santé à court et à long termes dans les projets visant la couverture sanitaire universelle. »

En 2011, 1,3 million de personnes vivaient avec le VIH dans la Région du Pacifique occidental. Près de 50 % des personnes nécessitant une thérapie antirétrovirale (310 000) ont bénéficié d’un traitement en 2012, ce qui représente une augmentation de 16 % par rapport à l’année précédente (261 000 en 2011). Parmi les pays de la Région à revenu faible ou intermédiaire, seul le Cambodge a instauré une couverture de plus de 80 % par la thérapie antirétrovirale et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la couverture était supérieure à 60 %. Dans les autres pays, les couvertures par les thérapies antirétrovirales étaient inférieures à 50 % en 2011. L’efficacité des programmes visant à interrompre la transmission mère-enfant du VIH a permis de réduire de 36 % le nombre d’enfants nés séropositifs pour le VIH dans le Pacifique, entre 2009 et 2011. En Asie, sur la même période, les nouvelles infections à VIH chez les enfants ont baissé de 12 %.

En juin 2013, l’OMS a publié des Lignes directrices consolidées sur l’utilisation des médicaments antirétroviraux pour la prévention et le traitement de l’infection à VIH, dans lesquelles elle recommande à tous les pays d’amorcer la thérapie antirétrovirale pour les adultes vivant avec le VIH dès que leur nombre de CD4 chute à 500 cellules/mm³ ou moins alors que leur système immunitaire est encore très actif.

Les nouvelles recommandations portent également sur l’administration d’une thérapie antirétrovirale indépendamment de la numération des CD4, à tous les enfants de moins de cinq ans porteurs du VIH, à toutes les femmes enceintes ou qui allaitent et sont séropositives pour le VIH et à tous les personnes séropositives pour le VIH ayant un partenaire qui n’est pas infecté par le virus. L’OMS continue de recommander que toutes les personnes co-infectées par le VIH et par une tuberculose évolutive ou une hépatite B bénéficient d’une thérapie antirétrovirale.

L’OMS fonde ses recommandations sur des données scientifiques selon lesquelles le traitement précoce des personnes séropositives pour le VIH au moyen de médicaments sûrs, d’un prix abordable et rendant le protocole thérapeutique plus simple à observer, peut les maintenir en bonne santé tout en réduisant la charge virale, ce qui diminue le risque de transmission de l’infection.

Un autre problème dans la Région est la hausse de la prévalence du VIH chez les hommes qui ont des rapports homosexuels. À Oulan-Bator (Mongolie) l’infection à VIH dans ce groupe de population est passée de 1,8 % en 2009 à 10,6 % en 2011. À Chengdu (Chine), ce pourcentage est passé de 0,6 % en 2003 à 16 % en 2012. La prévention inadaptée du VIH chez les hommes qui ont des rapports homosexuels pose également un problème en raison de la faible couverture dans ce groupe aux Philippines et au Viet Nam (25 %) par les programmes de prévention du VIH (visant notamment l’accès aux services de dépistage du VIH et la fourniture de préservatifs et de lubrifiants). Bien que la Chine ait déclaré une couverture de plus de 75 % par ces programmes de prévention et même si les résultats de l’enquête menée auprès de Singapouriens et de Vietnamiens homosexuels ont révélé une utilisation satisfaisante du préservatif (75 %), les infections à VIH continuent de se propager dans ce groupe de population, ce qui exige des gouvernements qu’ils réévaluent l’efficacité et la qualité des interventions existantes.

Un module de formation intitulé « Le temps est venu » a été préparé conjointement par l’OMS et par le Programme des Nations Unies pour le développement. Ce module permet d’aider les hommes qui ont des rapports homosexuels et les personnes transgenres à avoir accès aux services. Les premières étapes définies pour répondre aux besoins sanitaires des personnes transgenres impliquent la préparation d’un dossier technique d’évaluation de la situation des personnes transgenres en Asie et dans le Pacifique relative au VIH et aux IST et de leurs besoins sanitaires.

Par ailleurs, des « flambées » soudaines d’infections à VIH risquent de survenir. Une enquête récente a fait apparaître une prévalence de 54 % à Cebu (Philippines) parmi les consommateurs de drogues injectables, alors qu’elle n’était que de 0,59 % en 2009. La Chine et la Malaisie ont élargi les programmes de réduction des méfaits de la consommation de drogues injectables et il en a résulté une baisse des nouvelles infections à VIH. Des actions sont en cours pour riposter aux flambées d’infections à VIH et d’hépatite C qui se sont déclarées à Cebu chez les consommateurs de drogues injectables. Parmi les pays disposant de centres de détention pour les toxicomanes, la Malaisie et le Viet Nam ont été les premiers à supprimer progressivement la détention obligatoire en 2012.

La Région du Pacifique occidental compte également le nombre le plus élevé au monde de nouveaux cas d’infections sexuellement transmissibles guérissables. Ces IST contribuent pour une grande part à la transmission du VIH, aux maladies inflammatoires pelviennes, à la stérilité et au cancer du col utérin. On a enregistré 127 millions de nouveaux cas dont 42 millions de cas de gonorrhée, 40 millions de cas de chlamydiose, 600 000 cas de syphilis et 46 millions de cas de trichomonase. Dans au moins sept pays de la Région, la syphilis est prévalente chez plus de 1 % des femmes enceintes.

Des mesures ont été prises pour renforcer la surveillance des IST en Chine, en Mongolie et dans les États et Territoires insulaires du Pacifique. Plusieurs pays de la Région du Pacifique occidental ont commencé à envisager une approche combinée pour prévenir les infections pédiatriques à VIH et la syphilis congénitale. La Chine et le Viet Nam ont commencé à intégrer leurs mesures de lutte contre l’hépatite B dans une triple initiative d’élimination (syphilis congénitale, VIH pédiatrique et hépatite B) avec l’appui de l’OMS, pour tirer parti de stratégies intégrées et avoir davantage recours au dépistage et aux interventions.

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M. Ruel E. Serrano
Assistant, Public Information Office
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