Agir face aux menaces émergentes de maladies infectieuses

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) collabore avec ses États Membres pour les doter de capacités suffisantes face aux nouvelles menaces de maladies infectieuses et aux urgences de santé publique. Les États Membres sont guidés par un outil régional commun – la Stratégie de lutte contre les maladies émergentes pour l’Asie et le Pacifique (SMEAP 2010) – pour mettre en place et développer leurs capacités essentielles de surveillance et d’action.

« La SMEAP (2010) est une feuille de route essentielle pour la mise en place durable des activités de préparation aux maladies infectieuses émergentes dans la Région du Pacifique occidental », a expliqué le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « La SMEAP (2010) permet à nos États Membres de mettre en place les principales capacités requises au titre du Règlement sanitaire international (RSI 2005), capacités indispensables pour faire face au risque de pandémie régionale et mondiale. »

L’OMS et les États Membres font actuellement le point sur l’application de la SMEAP (2010) et du RSI (2005) à l’occasion de la soixante-quatrième session du Comité régional du Pacifique occidental qui se déroule du 21 au 25 octobre, au Bureau régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, à Manille. La Région du Pacifique occidental compte 27 États Membres signataires du RSI (2005).

« En dépit de progrès encourageants, certains pays aux ressources limitées ont besoin de plus de temps pour s’acquitter de leurs obligations relatives aux capacités essentielles et l’OMS est prête à les aider dans cette tâche », a déclaré le Dr Shin. Bien que les dispositions du RSI (2005) prévoient que les principales capacités requises devaient être en place au plus tard en 2012, certains États Membres peuvent avoir besoin d’une prolongation du délai jusqu’en 2016 pour s’acquitter pleinement de leurs obligations.

Conformément au RSI (2005), les pays ont l’obligation de se doter des capacités essentielles minimales pour détecter une menace de santé publique, comme une maladie infectieuse émergente, une zoonose ou un événement lié à la sécurité sanitaire des aliments, et y répondre. Les capacités requises par le Règlement concernent différents domaines d’activité notamment la surveillance, le diagnostic et la collaboration. Les États Membres ont l’obligation également de notifier à l’OMS tout risque pour la santé publique si deux des critères ci-dessous sont remplis :

  • Les répercussions de l’événement sur la santé publique sont graves.
  • L’événement est inhabituel ou inattendu.
  • Il existe un risque important de propagation à l’échelle internationale.
  • Il y a un risque important de restrictions aux voyages internationaux et au commerce international.

Les flambées de variole, de nouvelles formes grippales, de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou de poliomyélite due à un poliovirus sauvage doivent être notifiées systématiquement.

La SMEAP (2010) porte en particulier sur l’application des diverses dispositions du RSI (2005) dans la Région, notamment le renforcement de la capacité des laboratoires de santé publique, la communication sur les risques, et le suivi et l’évaluation. Dans le cadre de l’application, l’OMS aide actuellement les États Membres à mettre en place un centre pour les opérations d’urgence au sein de leur ministère de la santé pour coordonner les activités et coopérer avec l’Organisation au sujet d’éventuelles menaces pour la santé publique. En 2013, l’OMS a créé dans les laboratoires de santé publique de la Région un nouveau service d’évaluation externe de la qualité portant sur la dengue et d’autres maladies infectieuses émergentes, pour veiller au respect des normes internationales.

Récemment, l’OMS a mis à niveau son centre pour les opérations d’urgence au Bureau régional du Pacifique occidental en vue de mieux coordonner l’action de la Région face à de nouvelles menaces. De plus, l’OMS publie un bulletin sur la surveillance et l’action dans le Pacifique occidental intitulé Western Pacific Surveillance and Response Journal, qui permet de diffuser des articles sur des problèmes de santé publique et sur les meilleures pratiques dans la Région. L’intégration de ce bulletin dans la base de données Medline/PUBMED largement utilisée vient d’être acceptée, ce qui donnera une plus grande portée aux articles qu’il contient.

Les flambées de grippe aviaire A(H7N9) et de dengue survenues récemment, ajoutées aux cas sporadiques incessants de grippe aviaire A(H5N1) mettent en lumière le fait que la Région du Pacifique occidental reste une zone particulièrement sensible aux maladies infectieuses émergentes. L’OMS et les États Membres sont également préoccupés par les menaces extérieures à la Région, en particulier le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). À ce jour, 136 personnes ont été infectées et 58 sont décédées au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe. Conformément au RSI (2005), l’OMS a réuni un comité d’urgence au Siège de l’Organisation, à Genève pour informer le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS, de la situation.

Pour toute information complémentaire ou demande d’entretien, veuillez contacter :

M. Ruel E. Serrano
Assistant, Public Information Office
Téléphone : +632 528 8001
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