Santé oculaire universelle : l’OMS adopte un plan d’action lors d’une réunion de haut niveau

Le Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour le Pacifique occidental a examiné et adopté le projet de plan d’action intitulé Santé oculaire universelle : Plan d’action régional pour le Pacifique occidental (2014 2019) en vue d’éliminer la cécité évitable en tant que problème de santé publique.

« Des mesures plus vigoureuses ont été prises récemment pour placer la cécité au rang des priorités de santé publique dans la Région », explique le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Le projet de plan d’action est conçu pour répondre à la nécessité d’élever le degré de priorité de la santé oculaire dans l’action de santé publique. »

Le plan d’action intitulé Santé oculaire universelle : Plan d’action régional pour le Pacifique occidental (2014-2019) fixe pour idéal une Région dans laquelle personne n’est atteint de déficience visuelle évitable, où ceux ayant subi une perte de vision inévitable peuvent réaliser leur plein potentiel et où l’accès universel à des services complets de soins oculaires est garanti. Le projet de plan souligne les principes essentiels suivants :

  • accorder un rang de priorité plus élevé à la prévention de la cécité et des déficiences visuelles dans les programmes de santé publique ;
  • élaborer des interventions d’un bon rapport coût-efficacité, intégrées et globales en vue de prévenir et de prendre en charge les cas de cécité et de déficience visuelle ;
  • faire en sorte que les systèmes de santé accordent une plus grande place à la prévention de la cécité et des déficiences visuelles, en particulier dans les soins de santé primaires et secondaires ;
  • développer le suivi, l’évaluation et la notification d’informations ; et
  • étendre les partenariats et le travail en réseau avec les parties prenantes.

Plusieurs résolutions de l’Assemblée mondiale de la Santé soulignent à quel point il est important de mener une action concertée pour éliminer la cécité évitable en tant que problème de santé publique. En 2009, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté le plan d’action pour la prévention de la cécité et des déficiences visuelles évitables 2009-2013. En mai 2013, elle a adopté le nouveau plan d’action intitulé Santé oculaire universelle : Plan d’action mondial 2014–2019.

La prévalence de la cécité et des déficiences visuelles atteint un niveau alarmant. En 2010, le nombre de personnes atteintes de déficience visuelle dans le Pacifique occidental était estimé à 90 millions, dont plus de 10 millions étaient aveugles. Les trois quarts des cas de déficience visuelle dans le monde résultent d’un vice de réfraction non corrigé (42 %) ou d’une cataracte (33 %).

La perte de vision causée par le diabète pose un problème de plus en plus préoccupant dans la Région. La rétinopathie diabétique se classe parmi les principales causes de déficience visuelle dans les États et Territoires insulaires du Pacifique. Le trachome est la cause infectieuse de cécité la plus courante. Malgré des progrès incontestables vers l’élimination de la maladie dans certains pays d’Asie, les données transmises par les États et Territoires insulaires du Pacifique incitent à penser que la maladie est toujours un problème de santé publique.

Les déficiences visuelles et la cécité peuvent rendre les personnes qui en sont atteintes dépendantes des autres et sont débilitantes pour les individus et leurs familles. Le fait de perdre la vue ou de souffrir d’une déficience visuelle limite considérablement les possibilités de s’instruire et d’avoir un emploi rémunéré et productif. Les déficiences visuelles font peser un lourd fardeau sur l’économie. En 2000, on estimait à US $42 milliards par an la perte économique mondiale résultant des déficiences visuelles et l’on s’attend à ce qu’elle soit de l’ordre de US $110 milliards à l’horizon 2020.

Le fait que les services de soins oculaires ne soient pas accessibles à tous est dû à des causes diverses dans la Région du Pacifique occidental. Certains pays n’ont pas les moyens d’offrir des services de santé spécialisés et manquent parfois de personnel formé aux soins oculaires. C’est pourquoi les services de soins oculaires peuvent n’être disponibles que dans les centres urbains, sans accès possible pour de nombreuses personnes.

D’autres pays peuvent avoir des effectifs suffisants de professionnels formés aux soins oculaires et l’infrastructure nécessaire pour dispenser des services complets, mais ces services sont privatisés et d’un prix inabordable pour les pauvres, qui en ont pourtant le plus besoin.

S’il existe des interventions simples permettant de traiter ou prévenir jusqu’à 80 % des cas de cécité et de déficiences visuelles, nombreux sont les responsables politiques qui en ignorent les avantages et le bon rapport coût/efficacité. Les mesures prises pour lutter contre la cécité et les déficiences visuelles sont souvent fragmentées. Il faudrait renforcer les liens entre les mesures de prévention dans la communauté et les systèmes d’orientation-recours.

Il existe des stratégies économiquement efficaces dans la Région pour réduire l’essentiel de la charge des déficiences visuelles évitables, mais la santé oculaire passe aussi par la promotion du développement économique et social, des droits de l’homme et de l’équité. Les efforts consentis pour améliorer la santé oculaire devraient s’inscrire dans une approche globale de renforcement des systèmes de santé pour obtenir des avantages transversaux qui dépassent le cadre de la lutte contre une maladie en particulier, surtout dans les pays à revenu faible.

Pour toute information complémentaire ou demande d’entretien, veuillez contacter :

M. Ruel E. Serrano
Assistant, Public Information Office
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