Relever le défi des systèmes de santé

Face aux problèmes de santé qui se posent dans la Région du Pacifique occidental, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a dressé un bilan des stratégies qu’elle applique pour aider les États Membres à développer leurs systèmes de santé. L’objectif est de faire en sorte que ces stratégies soient adaptées au programme de développement qui sera adopté après la date butoir fixée pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier dans l’optique d’instaurer la couverture sanitaire universelle et d’obtenir des résultats sanitaires plus équitables.

« Le programme de développement pour l’après-2015 fait de la couverture sanitaire universelle le cadre général pour cette Région », explique le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Ce bilan nous permettra d’apporter un soutien plus efficace aux États Membres pour la réalisation de cet objectif – en évaluant leurs progrès mais aussi en affinant nos propres stratégies et nos pratiques en vue de les aider. »

Le Dr Shin s’adressait au Comité régional du Pacifique occidental, qui tient sa soixante quatrième session à Manille (Philippines) du 21 au 25 octobre. La consultation a rassemblé des représentants des États et Territoires de la Région. Le bilan a porté sur dix pays de la Région du Pacifique occidental. Il s’agissait d’évaluer dans quelle mesure les stratégies et cadres d’action de l’OMS avaient aidé ces pays à développer leurs systèmes de santé.

Parmi les problèmes auxquels ils sont confrontés, les États Membres doivent combler les écarts constatés dans l’accès aux soins de santé entre les riches et les pauvres. Malgré le développement économique de la Région, les écarts en termes de couverture et d’accessibilité économique des services de santé posent un problème majeur pour les plus pauvres. Autres problèmes : les conséquences du vieillissement des populations et l’incidence accrue des maladies non transmissibles telles que les cardiopathies et le diabète. L’OMS veut continuer à aider les pays à résoudre ces problèmes en adaptant leurs systèmes de santé, via les stratégies qui font l’objet de ce bilan.

Ces dix dernières années, l’OMS a mis en place six stratégies pour aider les États Membres à renforcer leurs systèmes de santé :

  • • Stratégie régionale pour un meilleur accès aux médicaments essentiels dans la Région du Pacifique occidental 2005–2010, suivie du Cadre régional d’action pour l’accès aux médicaments essentiels dans le Pacifique occidental (2011–2016)
  • • Stratégie régionale sur les ressources humaines pour la santé 2006–2015, suivie du Cadre d’action sur les ressources humaines pour la santé pour la Région du Pacifique occidental (2011–2015)
  • • Stratégie sur le financement des soins de santé pour les pays des Régions du Pacifique occidental et de l’Asie du Sud-Est (2006–2010), suivie de la Stratégie de financement de la santé pour la région Asie-Pacifique (2010–2015)
  • • Stratégie de renforcement des services de laboratoire de santé pour l’Asie et le Pacifique (2010–2015)
  • • Stratégie régionale du Pacifique occidental pour des systèmes de santé fondés sur les valeurs des soins de santé primaires (publiée en 2010)
  • • Stratégie régionale pour la médecine traditionnelle dans le Pacifique occidental (2011 2020).

« Ces stratégies couvrent les principaux volets des politiques de santé publique », a poursuivi le Dr Shin. « Elles reprennent les valeurs fondamentales de l’OMS et des soins de santé primaires pour contribuer au développement des systèmes de santé. »

Toutefois, le Dr Shin a fait remarquer que d’après le bilan, une action soutenue s’imposait dans certains domaines comme la formation et la répartition des agents de santé, l’usage rationnel des antibiotiques, la protection financière des pauvres et la constitution d’un volume suffisant de données désagrégées pour mesurer l’équité en santé.

L’OMS constate avec inquiétude que les agents de santé sont trop rares dans les campagnes de nombreux États Membres. L’Organisation est préoccupée également par l’usage des antimicrobiens : le fait que l’on puisse souvent se les procurer sans ordonnance dans plusieurs pays est préoccupant, tant pour la sécurité des patients qu’en raison du risque d’apparition d’une résistance aux antimicrobiens.

Pour l’OMS, la couverture sanitaire universelle dans les États Membres suppose la couverture de l’ensemble de la population et l’accessibilité économique des services de santé pour tous les segments de la société, en particulier les groupes les plus vulnérables. La pérennité financière est l’autre impératif pour que le système de santé soit à même de desservir la population dans la durée.

Concernant les systèmes d’information, les stratégies énumèrent 122 indicateurs qui permettent de suivre l’évolution des systèmes de santé. On a constaté des lacunes dans la disponibilité des données. L’une des principales recommandations consiste à renforcer les registres et les statistiques d’état civil dans les États Membres pour pouvoir mieux suivre les tendances sanitaires et surveiller la prestation des services de santé. Un autre point soulevé est l’importance des données désagrégées pour évaluer de façon satisfaisante l’équité des résultats sanitaires obtenus.

Le bilan a fait ressortir également l’intérêt des compétences spécifiques dans les bureaux de pays de l’OMS, dont les experts peuvent à tout moment aider les fonctionnaires des ministères de la santé concernant les plans et programmes. L’OMS souhaiterait également une plus large participation des secteurs concernés autres que celui de la santé et des secteurs non étatiques intervenant dans la santé – ainsi qu’une planification soignée et un contrôle pour atténuer tout effet négatif sur l’équité.

L’OMS espère que ce bilan aidera l’Organisation et les États Membres à améliorer leurs stratégies de développement des systèmes de santé pour progresser plus rapidement vers la couverture de santé universelle. Ce bilan peut être envisagé aussi comme une composante du processus de réforme de l’OMS en général, dont le but est de rendre l’Organisation mieux à même d’assumer son rôle de direction dans la santé publique au XXIe siècle.

« Nous cherchons à encourager de nouvelles façons de penser et de travailler dans notre Région en développant une culture de l’évaluation et de l’apprentissage », a expliqué le Dr Shin. « De cette façon, nous pouvons continuer à relever le défi que représente le développement des systèmes de santé et accélérer le mouvement pour parvenir à la couverture sanitaire universelle. »

Pour toute information complémentaire ou demande d’entretien, veuillez contacter :

M. Ruel E. Serrano
Assistant, Public Information Office
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