Le vieillissement et la santé dans la Région du Pacifique occidental : un défi à relever

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses États Membres collaborent à l’élaboration de plans et de stratégies pour essayer de résoudre le problème de santé posé par le vieillissement des populations, problème qui menace la région Asie-Pacifique.

« C’est un problème important qu’il nous faut résoudre d’urgence dans notre Région », a déclaré le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental. « Même si l’évolution démographique laisse présager un vieillissement des populations sans précédent dans l’histoire de l’humanité, cette évolution reste prévisible. »

« Le vieillissement et la santé » est l’un des principaux thèmes abordés lors de la soixante-quatrième session du Comité régional du Pacifique occidental, qui a lieu du 21 au 25 octobre à Manille (Philippines). L’élément central des discussions est le projet de Cadre d’action régional sur le vieillissement et la santé dans le Pacifique occidental, document qui orientera les politiques et les activités de l’OMS et des États Membres au cours des six prochaines années.

À vrai dire, le vieillissement d’une population est plutôt une bonne nouvelle. Les personnes vivent aujourd’hui plus longtemps du fait des progrès réalisés par les États Membres grâce à la prévention des maladies et à la promotion de la santé. Entre 1990 et 2009, l’espérance de vie moyenne dans la Région est passée de 69 à 75 ans.

Dans un même temps, la relation entre vieillissement et santé est un sujet complexe qui recouvre des problèmes bien spécifiques. L’OMS propose de suivre quatre axes d’action pour les résoudre :

  • promouvoir des lieux de vie conformes aux besoins des personnes âgées par une action intersectorielle ;
  • favoriser tout au long de l’existence des conditions propices au vieillissement en bonne santé et prévenir le déclin fonctionnel et les maladies chez les personnes âgées ;
  • réorienter les systèmes de santé pour répondre aux besoins des personnes âgées ; et
  • renforcer le corpus de connaissances sur le vieillissement et la santé.

En ce qui concerne le vieillissement, le Pacifique occidental est une Région de contrastes frappants. Ainsi, le Japon enregistre le pourcentage le plus élevé au monde de personnes âgées. À l’inverse, les populations d’autres pays, comme le Cambodge, la Papouasie Nouvelle Guinée et les Philippines, relativement jeunes, vieilliront encore plus rapidement que les populations des pays développés. Cette diversité impose aux responsables politiques qu’ils échangent leurs expériences et les enseignements tirés pour intégrer des approches régionales, nationales et communautaires.

Le but est de mettre en place des systèmes plus appropriés à la situation sanitaire des personnes âgées. Ainsi, les maladies non transmissibles touchent en majorité les personnes âgées et il est très probable que celles-ci soient atteintes d’une forme de handicap comme une déficience visuelle — environ 44 % des personnes âgées dans la Région ont une perte de vision. La démence est un autre problème de plus en plus préoccupant chez les personnes âgées — on constate chaque année environ 7,7 millions de nouveaux cas dans le monde et, bien souvent, les premiers symptômes sont interprétés par erreur comme des signes supposés « normaux » du vieillissement. Les systèmes de santé doivent se réorienter pour répondre aux besoins des personnes âgées par des services de gériatrie et de soins palliatifs, par exemple.

Le vieillissement des populations risque de mettre les systèmes de santé à rude épreuve, davantage de ressources étant consacrées à la santé et au bien-être, principalement en raison du recours plus fréquent aux services de santé, pour le traitement des affections chroniques notamment. De plus, de nombreuses personnes âgées vivent dans la pauvreté et les services de santé leur sont inabordables, surtout dans les pays les moins développés. Autre problème préoccupant, offrir un traitement adapté à la personne âgée dans le respect de sa dignité et lutter contre la discrimination liée à l’âge comme les mauvais traitements et l’exclusion sociale.

L’OMS espère pouvoir tirer parti de l’expérience d’associations de personnes âgées dans des pays comme le Cambodge pour s’en servir comme un exemple dont les communautés pourront s’inspirer. L’Organisation a également à cœur de promouvoir les nouvelles technologies de l’information et autres technologies appropriées pour faciliter les services nécessaires à l’intégration sociale des personnes âgées.

Autre défi connexe : l’insuffisance du corpus de connaissances relatives à l’impact du vieillissement sur la santé et la société dans la Région. Des informations plus détaillées sur le vieillissement en bonne santé tout au long de la vie et sur les besoins sanitaires des personnes âgées constituent une base à partir de laquelle il est possible de concevoir les politiques appropriées et d’adapter les systèmes de santé de sorte qu’ils résolvent les problèmes liés au vieillissement de la population. L’OMS a publié en 2012 un cadre sur l’utilisation des connaissances portant sur le vieillissement et la santé [Knowledge Translation Framework in Ageing and Health] pour aider les États Membres dans le domaine de la recherche, et l’étude de l’OMS sur le vieillissement et la santé des adultes (SAGE) rassemble des informations sur les tendances concernant le vieillissement et la santé dans plusieurs pays, notamment en Chine.

« Nous reconnaissons que la question du vieillissement et de la santé ne peut pas être traitée par une seule institution ou une seule équipe. Il faut recueillir des éléments et des idées auprès des gouvernements, des partenaires non gouvernementaux et des personnes âgées elles-mêmes », dit le Dr Shin. Cela sous-entend une consultation et une collaboration avec les ministères de la santé et d’autres ministères partenaires, tels que les ministères du travail, du logement, des transports et de l’urbanisme et avec les communautés et les personnes âgées elles-mêmes. Le Centre OMS pour le développement sanitaire de Kobe (Japon) émet des recommandations en matière de recherche et de politique en s’attachant particulièrement à la santé urbaine et au vieillissement.

À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé 2012, l’OMS a porté la question du vieillissement des populations à l’ordre du jour en adoptant le slogan « Une bonne santé pour mieux vieillir » pour souligner l’importance du vieillissement en bonne santé tout au long de l’existence. L’OMS espère que les États Membres et les chercheurs diffuseront et partageront les résultats de leurs travaux sur les problèmes liés au vieillissement au travers d’initiatives régionales, telles que l’Observatoire des systèmes et des politiques de santé en Asie et dans le Pacifique.

En pensant à l’expertise des États Membres et de l’OMS et à leur volonté de traiter cette question, le Dr Shin se dit optimiste quant au rôle des personnes âgées dans la Région. « Avec des politiques et des mesures justes, les personnes âgées peuvent continuer à jouer un rôle essentiel dans toutes nos communautés. »

Pour toute information complémentaire ou demande d’entretien, veuillez contacter :

M. Ruel E. Serrano Assistant, Public Information Office Téléphone : +632 528 8001 Adresse électronique : serranor@wpro.who.int

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