L’OMS demande l’extension des interventions nutritionnelles pour prévenir les décès d’enfants

Disposant de preuves tangibles qui montrent l’importance d’une bonne nutrition pour la survie, la santé et le développement, l’Organisation mondiale de la Santé accordera une attention prioritaire à la malnutrition lors du Comité régional du Pacifique occidental.

Le Comité régional, organe directeur de l’OMS dans la Région, se réunit à Hanoï du 24 au 28 septembre pour faire le point sur les activités de l’OMS dans la Région et décider des futures orientations pour améliorer la santé des habitants du Pacifique occidental.

En s’adressant au Comité régional, le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, a déclaré qu’en dépit d’une forte baisse des taux de dénutrition dans la Région, « il est trop tôt pour se réjouir puisque les niveaux de dénutrition de la mère et du jeune enfant demeurent trop élevés. En même temps, l’augmentation des taux d’obésité et de maladies non transmissibles est révélatrice d’une épidémie qui se propage rapidement dans notre Région. Ce double fardeau lié à la malnutrition a des effets négatifs de longue durée sur la santé et le développement des populations et sur l’économie des États Membres ».

Il est indispensable d’assurer un apport suffisant en nutriments dès les premiers stades de la vie pour garantir un bon développement physique et mental et assurer, à long terme, une santé et une productivité satisfaisantes.

Le Dr Shin a fait remarquer que de nombreux pays de la Région s’attachaient plutôt à résoudre le problème de la suralimentation alors que la dénutrition et les carences en micronutriments sont toujours préoccupantes.

Pour s’attaquer au problème de la malnutrition, le Comité régional, composé des 37 États et Territoires du Pacifique occidental, s’est engagé à élargir durablement les interventions nutritionnelles d’un bon rapport coût-efficacité, dans le but d’empêcher le décès chaque année de plus de 100 000 enfants de moins de cinq ans dans la Région. Cela revient à sauver chaque jour la vie de plus de 270 enfants de moins de cinq ans – soit 11 vies sauvées par heure.

Le Dr Shin a exhorté le Comité régional à élargir son champ d’action, à définir les cibles et les mesures prioritaires dans le domaine de la santé et dans d’autres secteurs, et à adopter un calendrier et des indicateurs pour en assurer le suivi.

Le Comité régional devrait normalement adopter une résolution pour intensifier les interventions relatives à la nutrition, en s’appuyant sur un plan OMS exhaustif de mise en œuvre du programme de nutrition de la mère, du nouveau-né et du jeune enfant. Il a demandé une augmentation des investissements sur la période 2012-2025 pour étendre les interventions nutritionnelles, et la définition de cibles pour réduire de façon significative le double fardeau de la malnutrition ainsi que la mortalité et la morbidité qui y sont liées, y compris les retards de croissance et l’émaciation, l’anémie chez les femmes et le déficit pondéral à la naissance. Ce plan vise également à favoriser l’allaitement maternel exclusif et à mettre un terme à l’augmentation rapide du nombre de cas d’obésité chez l’enfant.

Parallèlement à cette session du Comité régional, le Bureau régional de l’OMS a organisé une réunion de haut niveau sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, pour favoriser l’intensification des actions collectives entre institutions des Nations Unies et renforcer la collaboration interinstitutions, en vue d’aider les États Membres de la Région.

L’OMS va accélérer également le mouvement de renforcement de la nutrition (Scaling Up Nutrition), dans lequel sont engagés de nombreux partenaires et qui vise à lutter contre la famine et la dénutrition au moyen d’interventions d’un bon rapport coût-efficacité. La nutrition sera intégrée non seulement aux programmes de santé mais aussi aux programmes relatifs à l’agriculture, à l’éducation, à l’emploi, au bien-être social et au développement.

La dénutrition de la mère et de l’enfant représente 11 % de la charge mondiale des maladies et entraîne chaque année plus de 100 000 décès d’enfants dans la Région. L’anémie touche 22 % des femmes en âge de procréer qui ne sont pas enceintes et 31 % des femmes enceintes. Entre 4 et 48 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance, selon les données issues de 12 pays de la Région qui ont signalé des retards de croissance. La carence en vitamine A est un problème de santé publique dans au moins six pays et 22 % des écoliers ne reçoivent pas l’apport en iode dont ils ont besoin. Le taux d’obésité est en hausse chez les enfants comme chez les adultes et il en résulte un risque accru de maladies non transmissibles dans ces deux groupes.

Selon l’OMS, quelque 20 millions d’enfants naissent chaque année avec un déficit pondéral et se trouvent exposés aux stades ultérieurs de la vie à un plus grand risque de maladies non transmissibles.

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M. Timothy O'Leary, Responsable de l'information du public de l'OMS
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